 |
 |
| ADEM |
| Homesongs |
| Domino |
| 2004 |
|
| 8 sur 10 |
|
Il semble que tout le monde est un
artiste caché. Les gens se masquent derrière une fausse identité pour être modestes.
Dans certains cas, porter un masque peut être très bénéfique. C'est une façon de ne
pas s'humilier sur la place publique. Plusieurs de ces gens qui sortent de l'anonymat
auraient dû y rester. Cependant, une minorité peut se permettre ce saut. Après quelques
albums de la formation Fridge, leur bassiste décide de s'amuser et nous présente sa
vraie personnalité. C'est avec Adem qu'il tente de capturer certains souvenirs et de
chasser des mauvaises pensées qui rôdent dans sa tête. C'est avec Homesongs que
l'on se sent encore plus loin de la maison.
L'album est le véhicule pour un très grand sentiment : la nostalgie. Avec ceci en tête,
deux approches sont exploitées pour varier cet album à faveur folk. D'une part,Homesongs
peut être le testament d'un homme qui ne peut pas revenir à la maison et qui m'aimerait
bien y être. La douce voix d'Adem nous livre des secrets et des confidences à ce sujet.
Il explore un côté personnel et le résultat est fort crédible. Plusieurs artistes
auraient fléchi à l'aube des sentiments et l'auditeur l'aurait remarqué. Aussi, Homesongs
se relève comme un album écrit à la maison. Le confort de ce qu'on appelle « son petit
coin de pays » est très bien véhiculé. Malgré cette bifurcation, le disque est
profond, plein d'émotions et d'intensité.
Voir Adem en spectacle est un événement incroyable. Avant même de commencer sa
performance, il demande poliment aux gens de faire moins de bruit. La suggestion est
claire et les spectateurs s'exécutent avec respect. C'est la douceur des pièces qui
force les gens à écouter. Ici, la simple action de parler pourrait enterrer la musique.
Si l'auditeur ne porte pas attention, le voyage qu'Adem propose est complètement avorté.
Des chansons comme Statued ou Cut demandent une attention supérieure, mais
nous récompensent d'une façon merveilleuse. C'est la manière qu'a Adem de s'assurer que
l'auditeur ne se livre pas à une écoute réduite. Cependant, l'album ou son spectacle ne
dépend pas seulement de ce côté minimaliste. Les pièces These Are Your Friends et
Gone Away s'intensifient et montrent qu'Adem est capable de nous enivrer avec une
dose de sentimentalité.
Doué d'une production simpliste et fortement consacré sur la voix, Adem livre un
résultat étonnant. Cependant, un problème se suggère dans l'équation. Les dix
chansons livrent un message passager. Ce que le disque veut nous faire sentir est une
émotion qui ne parasite pas constamment notre vie. Elle a une durée plus limitée.
Heureusement pour Adem, c'est un sentiment qui revient et qui s'empare de nous facilement.
Sans cet aspect, Homesongs n'aurait pas la puissance qu'il détient. Probablement
que l'album n'aurait pas été écrit de la même façon.
Adem Ilhan frappe très fort avec ce premier album et place la barre haute pour ces
camarades du « folk-acoustique ». Il a été capable de livre un produit simple et
honnête sans tomber dans le prévisible. Il faudra attendre quelque temps pour voir si Homesongs
n'était qu'une expérience isolée. Mais il est souhaitable qu'Adem nous concocte un
nouvel album aussi puissant et charmant. |
|
| - Maxime Monast, 29 Mars 2006 |
|
 |