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| THE AUTUMN DEFENSE |
| The Autumn Defense |
| Broadmoor |
| 2007 |
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| 8.5 sur 10 |
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Dès les premières notes de ce nouvel
album signé The Autumn Defense, on peut sentir l'influence du passé qui marque ce projet
de John Stirratt et Pat Sansone, membres de la formation américaine Wilco. Mais, tout en
puisant dans les sonorités mélancoliques de la Californie (et des environs) des années
60 et 70, le groupe y ajoute évidemment sa propre petite touche de modernité. Il ne
tente pas de réinventer le genre folk-pop de cet âge dor, mais plutôt de voir où
jusqu'où celui-ci peut-être amené. Stirrat et Sansone jouent avec l'essence de ce genre
et cherchent à voir si son parfum est toujours aussi fort. La délicatesse et le
raffinement qui se dégagent de l'expérience se marient très bien avec le nom du groupe,
et rappelle les sentiments que cette saison peut nous faire vivre.
Pour bien saisir ce deuxième souffle de la pop FM des années 70, il faut comprendre les
points que le groupe a tenté d'accentuer, ceux auxquels il est resté fidèle et ceux qui
ont tout simplement été modernisés. La réalisation de lalbum, à mi-chemin entre
la finition très organique de cette époque et les techniques de production modernes,
conserve un parfait équilibre entre ces pôles et propose en bout de ligne une agréable
symbiose des deux. Les pièces sont denses, même si ce nest jamais le chaos entre
les instruments. Chacune dentre-elles occupe une place gigantesque dans l'espace
sonore. Plus spécifiquement, le groupe explore ici un paysage musical purement américain
qui, pour moi comme pour eux, na pas existé. On voit très bien linfluence du
jazz et de la bossa-nova sur les différentes pièces, et le groupe peut être vu comme le
petits-fils de ces vaisseaux musicaux. Tout en demeurant dans la même période, il
explore tous les courants musicaux de cette époque sont afin d'ajouter des touches
particulières et de créer une palette plus variée que les simples couleurs primaires à
partir de laquelle travailler.
Avec cette brochette de chansons, le groupe fait primer linstrument le plus familier
pour Stirratt : la basse. Souvent en constante progression, elle supporte parfaitement les
mélodies vocales et rythme les pièces avec une richesse sublime. Sans être trop
intrusive, elle navigue entre les pauses et remplit chaque espace vide avec des
progressions qui rendront jaloux nimporte quel musicien. Étant lélément
primaire dans la dynamique de The Autumn Defense, la basse reprend - chose qui n'aurait
jamais du se perdre - sa place comme instrument essentiel. Non seulement fonctionne-t-elle
au niveau du rythme et des harmonies, mais elle procure aussi la base mélodique de cet
album éponyme. On le voit bien dès les deux premières pièces Canyon Arrow et Estate
Remains, où son rôle prime dans les oreilles de nimporte quel auditeur.
À plusieurs reprises sur l'album, le groupe tente de détendre latmosphère en
implantant des influences bossa ou down tempo. Winterlight, avec son charme un peu
trop générique, reste un exemple plaisant de cet exercice nostalgique. C'est aussi une
belle confession émotionnelle de la part de ses auteurs. Cest un peu la même chose
pour About to Change, même si celle-ci propose un crescendo plus intense que la
précédente. Ici, les mêmes éléments servent à ponctuer lalbum d'une pièce
douce placée entre deux morceaux plus énergiques. Lalbum ferme ses portes avec sa
chanson la plus pop, Simple Explanation. En doublant la dose de mélodie et en
prenant ses cours de musique chez Bacharach et Wilson, le groupe garde sa note la plus
positive pour la fin. Par contre, ce nest pas à partir de pièces comme celle-ci
que nous formerons notre image de The Autumn Defense. Sa puissance est clairement dans ses
moments tragiques ou émotionnels, prenez Where You Are par exemple. Sur son
troisième album, le groupe a atteint une maturité profonde et rend un parfait hommage à
ses influences. L'astuce est loin d'ëtre sans mérite. |
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| - Maxime Monast, 26 Juin 2007 |
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