BILL WELLS & MAHER SHALAL HASH BAZ
Osaka Bridge
Karaoke Kalk
2006
7 sur 10
Dès le début de 2006, plusieurs collaborations importantes se sont manifestées pour piquer la curiosité de plusieurs auditeurs. Parmi les Keiji Haino, Steve Reid et compagnie, la plus harmonieuse et compréhensive se cache entre l'entraide du Japon et l'Australie. Le compositeur Bills Wells et « l'orchestre » de Tori Kudo font équipe pour nous livrer une session de mélodies à la fois harmonieuse et profonde. Leur collaboration voit le jour avec non la perfection, mais bien avec l'énergie et l'émotion de l'exécution en groupe. Le résultat témoigne d'une riche palette de sonorité et d'expérimentation bien contrôlée. Sans trop pousser ces deux aspects au maximum, la collaboration ne sème aucunement de prétention et garde les deux pieds bien ancrés sur terre.

Avant même d'analyser et tenter de comprendre cet assemblage d'idées, il faut se laisser emporter par le véhiculé de Kudo et Wells. Ce qui s'avère à être une tache beaucoup plus facile qu'on le pense. Les mélodies et les structurations sont très familières et l'écoute du produit passe du second plan à une écoute attentive. Si on laisse la chance de bien comprendre ce qui se passe, l'expérience d'Osaka Bridge devient fort intéressante. Par contre, le disque tire dans deux directions fort bipolaires. D'une part, les mélodies sont sympathiques et témoignent d'une association préconisée. Si on peut simplifier, le disque regorge d'une impression d'été et de beau temps. Cet élément devient la force poussante du disque. Sous une autre optique, les tons et l'atmosphère peuvent être vus dans l'antithèse de cette déclaration. On sent aussi une forte volonté de construire un sentiment grisâtre sur les pièces. L'excellente Rye & Guy ou même la très cabaret Poxy témoignent fortement de ce point. Bref, les compositions sont construites pour plusieurs périodes et ils fonctionnent de différentes façons.

Déjà mentionné auparavant, l'ensemble semble laisser aller les contraintes et tente plutôt de survivre sur son énergie. Souvent, on sent les instruments se libérer et frôler les fausses notes. Le groupe continue et l'on semble apprendre de nos erreurs. Une pièce comme Duck prouvent énormément ce point. Les chansons, en règle générale, ne dépassent pas le cap des deux minutes et demie. Wells et Kudo semblent être préoccupés par l'exploration de plusieurs aspects de cette collaboration plutôt que la répétition. Il passe peu de temps sur une idée. Ce qui en sort est une unification des pièces et aussi de la création d'un tout concret. Le disque passe vite et les sonorités se rapprochent tellement (évidemment avec plusieurs variantes) que le disque évoque plus un mouvement qu'une collection de chanson. Cet élément fait la force d'Osaka Bridge.

En somme, avec cette première collaboration, les deux partenaires présentent d'intéressants et puissants moments. Maher Shalal Hash Baz semble avoir créé un univers plus précis, contrairement à l'album Blues Du Jour. On en tire des mélodies venimeuses et un sentiment de joie. Cependant, le disque ne pousse aucunement les limites de l'évolution de ce genre. On devient victime de son empoisonnement par le plaisir des pièces comme On The Beach Boys Bus ou Banned Anmoucements. Le mariage de piano et de trompettes en premier plan devient très confortable et se révèle comme étant juste assez pour notre écoute. Le disque devient parfait pour une écoute complète et comme apéritif pour commencer la journée du bon pied.
- Maxime Monast, 27 Mai 2006

 

 

Pistes
01 rye & guy
02 tipsy cat
03 the dust of months
04 duck
05 on the beach boys bus (take 1)
06 oddults
07 liquorice tics
08 poxy
09 time takes me so back
10 family sighs
11 stabbed in hamburg
12 the williams sisters
13 cowtail calypso
14 banned announcement
15 on the beach boys bus (take 2)