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| FINAL FANTASY |
| He Poos Clouds |
| Blocks/Tomlab |
| 2006 |
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| 6.5 sur 10 |
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Après quelques tournées et un
premier album, Owen Pallett nous revient en force avec la suite logique en terme de
construction et d'idéaux, He Poos Clouds. Travaillant sous le pseudonyme Final
Fantasy, l'homme sous les violons d'Arcade Fire et Hidden Cameras prend le temps
d'explorer les limites de sa personnalité et de son talent. On assiste à plusieurs
variations et expérimentations depuis Has A Good Home. Un premier album qui fût
riche en contenu, mais conçu de manière peu flatteuse et vaguement inexploitée à son
maximum. C'est tout le contraire pour ce deuxième essai. Les arrangements sont rehaussés
et l'on peut comprendre que Pallett pousse son esprit créatif pour atteindre son idéal
musical. C'est ici que la ligne entre le réel et le fantastique se croise comme cette
franchise de jeux vidéo japonais.
Mais pourquoi le nom Final Fantasy? Le choix me semble totalement justifiable après
quelques réflexions. Pallett travaille sa personnalité dans un monde imaginaire et avec
un certain détachement. C'est à la fois une mesure pour bien se cacher et de ne vraiment
pas associer sa création avec son créateur. En premier lieu, la relation avec son nom
d'artiste et le jeu vidéo est très simple. Dans ces jeux, nous avons un parcours à
poursuivre et souvent nos choix sont indicatifs de notre personnalité (et assure le
déroulement du jeu). Pallett joue avec cet aspect pour y intégrer son propre vécu dans
un monde inventé. Ceci lui permet de vivre et de créer dans un monde qui l'aime tant.
Sous une optique purement musicale, les pièces créent par Pallett ressemble étrangement
à ces nouvelles vagues de musique Rpg, hautement orchestrale et excessivement grandiose.
Ces qualificatifs sont acceptables pour ces jeux, mais passent un peu moins bien sans
l'interactivité. Heureusement, Pallett garnit ses compositions avec sa voix fragile et
harmonieuse. Final Fantasy devient un choix logique.
He Poos Clouds est, comme nous l'avons déjà mentionné, un progrès de son
premier album. Avec une voix beaucoup plus confiante, mais quand même très basse,
Pallett aide ses compositions à devenir de courtes symphonies avec autant d'intensité.
Il faut comprendre que sa voix sert simplement d'appui, mais détient un arsenal caché.
Douée de bon sens de la narration, la voix de Pallett est un élément quil ne faut
pas escamoté. Les mélodies vocales sont très dignes du reste des arrangements et il est
dommage de les voir en second plan. C'est dès Artic Circle que l'on réalise que
ce choix deviendra permanent. Avec une plus grande variété d'instruments, Final Fantasy
devient un véhicule beaucoup plus accessible et sensé. Dans l'univers de ce nouvel
album, les histoires sont nombreuses et plus variées. On se laisse emporter par ces
énigmes et les indices peu à peu dévoilés. This Lamb Sells Condos est un
exemple facile pour prouver le charme du pouvoir narratif de Final Fantasy. Avec son piano
saccadé et sa bonne cadence vocale, la pièce détient le trésor caché que ce deuxième
album renferme.
C'est d'une manière très simple que He Poos Clouds devient un album intéressant
et remarquable. Les chansons sont douées d'une certaine prétention qui disparaît très
vite après que nous ayons succombé au charme des mélodies et des arrangements. Riche en
contenu et en exécution, le style sombre du son orchestral évoque plusieurs sentiments
et détient une atmosphère particulière. Dans son univers imaginaire, Final Fantasy
procure les seuls hymnes possibles. Cependant, il faut être prêt à s'ouvrir à ce
monde. |
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| - Maxime Monast, 5 Juin 2006 |
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