 |
 |
| THE MARS VOLTA |
| Tremulant EP |
| Gold Standard |
| 2002 |
|
| 7 sur 10 |
|
En 2002, At the Drive-In était
maintenant chose du passé : la mort de la formation avait donné naissance dune
part à Sparta, groupe baignant dans le punk et le emo et, dautre
part, au projet de Omar Rodriguez-Lopez et Cedric Bixler-Zavala, The Mars Volta. Si le
premier nallait être quune formation de plus dans lunivers rock, on
sait maintenant quil en est tout autrement pour The Mars Volta. En fait,
Rodiguez-Lopez et Bixler-Zavala étaient maintenant libérés des contraintes de styles et
de formes quimposait le format et lauditoire plus pop de ATDI et
pouvaient par le fait même ce lancer dans lexpérimentation, le progressif et le
fusion.
Vinrent donc sajouter au « noyau » de The Mars Volta le claviériste du projet dub
de Cedric et Omar (De Facto), Ikey Owens, ainsi que son ingénieur de son, le regretté
Jeremy Michael Ward. Pour compléter la formation, Eva Catherine Gardner sinstalla
à la basse et Jon Theodore aux percussions. Voici donc le sextet, accompagné du
producteur Alex Newport, ayant participé au premier enregistrement (en format EP) de The
Mars Volta de octobre à décembre 2001 : Tremulant EP.
Si lon commençait à en avoir les traces sur Relationship of Command (At the
Drive-In, 2000), Termulant EP est grosso modo le moment effectif de transition pour
le duo Rodiguez-Lopez\ Bixler-Zavala. Cest en effet ici que lon découvre le
son propre à The Mars Volta : laffirmation de laspect psychédélique du
groupe, lutilisation de la dissonance, lincorporation de lélectronique
et bien évidemment la fusion « marsvoltienne » de punk, de progressif, de jazz,
de musique latine, etc.
Tremulant EP débute avec létrange et exotique Cut That City. The
Mars Volta y affirme demblée ses sonorités expérimentales et ses rythmiques
excentriques. On retrouve même dans Cut That City une courte section dissonante
annonçant des moments aboutis et déstabilisants tels Tira Me A Las Aranas ou Take
The Veil Cerpin Taxt (De-loused in the Comatorium, 2003). Le EP se termine avec
la non moins expérimentale et peu accessible Eunuch Provocateur. Quoique la voix
de Bixler-Zavala ny soit pas encore aussi polie quelle le sera dans un futur
proche, particulièrement au niveau des mélodies, on remarque déjà le jeu du solide et
créatif Jon Theodore ainsi que la masse didées qui commence à surgir du crâne et
des doigts de Omar Rodriguez-Lopez. Cest cependant la remarquable Concertina
qui vole la vedette sur Tremulant EP. Chantée en anglais et en espagnol, le fan
averti y retrouvera les riffs accrocheurs et mémorables de The Mars Volta. Il sagit
visiblement de la pièce la plus réussie du EP où commence à sexprimer, bien que
seulement en surface, ce quil a de lyrique, passionné et viscéral dans la
formation américaine.
Ne nous le cachons pas, Termulant EP est un « must » pour tout fan, assidu
ou non, de The Mars Volta. Pour les autres, il ne sagit que dun détour
intéressant par lexcellente Concertina. En tout les cas, il reste que ce EP
se révèle en bout de piste quun très mince avant-goût de ce qui allait émaner
de The Mars Volta ; que ce soit le quasi-révolutionnaire De-loused in the Comatorium
ou son marquant et non moins novateur successeur Frances the Mute. Tremulant EP
prouve que, contrairement à ce que peuvent penser certains de mes camarades, The Mars
Volta a su, à ce jour, sinspirer savamment du passé en regardant constamment vers
le futur : un avenir potentiellement trop lointain et différent pour certains!? |
|
| - Mathieu Charbonneau, 27 Février
2006 |
|
 |