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| MOBY |
| Hotel |
| V2 |
| 2005 |
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| 6.5 sur 10 |
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Larrivée de cet album double
laissait présager que Moby aurait peut-être enfin retrouvé sa vigueur créatrice dautrefois.
Malheureusement, ce nest pas tout à fait le cas. Les jours glorieux de Play
sont encore loin derrières, mais le résultat propose tout de même sa part de bons
moments. Moby fait donc ici office de chanteur principal, utilisant sa voix simple à bon
escient, tout comme ses traditionnels claviers que lon pourrait reconnaitre entre
mille. Les premières écoutes déstabilisent un peu. Si, suite à la première on pousse
un immense soupir de soulagement, on sera un peu moins emballé au fil des suivantes pour
subitement regagner un vif intérêt que lon croyait perdu pour de bon. Une série découtes
en dents de scie révélant somme toute un bon album auquel il aurait tout simplement
fallu effectuer quelques coupures.
Une force que Moby a toujours possédée est quil sait comment démarrer un nouvel
album en force et celui-ci ne fait pas exception à la règle, utilisant comme tremplin
une courte introduction rappelant les sonorités que Jon Brion érigea pour la trame
sonore du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind et lexcellente pièce
rock un peu «bluesée» Raining Again. La suite des évènements est par contre
une autre histoire. Everything is Wrong prenait plaisir à se montrer sous un jour
toujours un peu plus frénétique. Play élargissait ses horizons pour devenir
exponentiellement meilleur, alors que 18 recyclait sans cesse la même idée pour sessouffler
un peu plus de piste en piste. La continuation dHotel se retrouve à quelque
part entre ces derniers. Après un premier tiers fracassant malgré le simple un peu trop
facile Beautiful, la formule véhiculée par Moby semble se retrouver une fois de
plus sur le respirateur artificiel. Ce nest pas quun des styles visités
ternisse particulièrement lensemble. Disons simplement quautant ses élans
rocks et technos que pops connaissent leurs hauts et leurs bas. Dans ses moments plus
rythmés, Moby dévoile le mieux ses attributs sur des pièces comme Where You End
qui confirme la force encore bien vivante de sa formule dusage mélangeant piano et
guitare sur un fond de musique techno, mais qui ne compense pas pour la très énervante Very.
Même chose lors des moments plus en douceur où il parvient à nous livrer autant la
rêvasseuse Slipping Away que la reprise un peu trop sirupeuse du classique Temptation
de New Order.
La dernière pièce de ce disque, Homeward Angel, ainsi que la piste cachée
préparent adéquatement le terrain pour le disque justifiant le plus lachat de ce
énième effort de Moby. Ce deuxième morceau propose en ce sens une série de
compositions spatiales purement ambiantes. On quittera vite latmosphère un peu
«lounge» de Swear pour se retrouver au cur dun univers musical
beaucoup plus cinématographique, révélant du même coup une sorte dhommage aux
créations de Brian Eno, véritable légende du genre. Ressemblances principalement
identifiables sur les sublimes Snowball, Not Sensitive et The Come Down.
Un deuxième disque qui ne propose peut-être pas lauthenticité du dernier Funki
Porcini par exemple, mais qui témoigne tout de même dun sens mélodique assez
développé et dailleurs absolument nécessaire pour rendre un tel effort
suffisamment accrocheur et non pas un excellent remède contre linsomnie.
Après le plutôt décevant 18, Moby nous offre une fois de plus une création fort
inégale, spécialement si on la place aux abords de Play, mais dont quelques
pièces suggèrent pourtant le potentiel inachevé de ce qui aurait pu être un véritable
évènement dans le paysage de la musique pop. Après quelques visites de cet Hotel,
il ny aura finalement quun nombre assez restreint de pièces que nous serons
désireux de visiter avec autant dattention à chaque fois, dans une mer de chansons
pas nécessairement mauvaises, mais qui deviennent de manière générale un peu plus
fades au fil des écoutes, comme les ennuyantes Spiders et I Like It qui
finissent par faire simplement office de remplissage. Le disque principal est fort
heureusement agrémenté dun deuxième ambiant complètement instrumental qui lui
est réussi. Moby séloigne donc encore un peu du génie qui avait caractérisé les
sessions de son grandiose album Play. Espérons seulement quil nen
fasse pas une habitude. |
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| - Jean-François Vandeuren, 4
Avril 2005 |
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