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| MUSE |
| Black Holes and
Revelations |
| Warner Bros. |
| 2006 |
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| 5.5 sur 10 |
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Suite à son acceptation populaire
dans la foulée de la sortie et de la titanesque tournée de lalbum Absolution,
le trio gallois Muse revient à la charge en délaissant sa tradition de plagier Radiohead
et Queen - en y ajoutant une touche de métal alternatif - pour désormais plagier une
tonne dautres artistes et styles musicaux avec leurs nouvelles pièces! Qui est
plus, avec lassistance de leur producteur fétiche Rich Costey, ils ont même
repoussé encore plus loin les barrières précédemment imposées sur le plan de la
surcharge des arrangements, rappelant le flop monumental que fût la dernière galette de
leurs cousins du arena-rock aux proportions gargantuesques, The Darkness. Avec ses effets
de production à la Roy Thomas Baker - jai nommé les chorales «
magnifico-o-o-o-o-o-o-o » - ses harmonies de guitares et de basses fuzzy aux
proportions symphoniques et, bien sûr, ses arpèges de synthétiseurs bloqués sur le
mode «phrasés baroques», Black Holes and Revelations provoque un ultime écurement
assez rapidement.
Le problème ici réside non pas dans lindigestion que provoque lécoute des
pièces de Muse, car elles tonnent véritablement et fessent tels des coups de massues
répétés au crâne tant leur production est impeccable et puissante. Soulignons aussi lénergie
de ces musiciens qui livrent l'un des meilleurs show de rock dans ce nouveau millénaire
où le garage rock aux ambitions musicales amateures pulule. Le membres de Muse sont très
talentueux et maîtrisent avec brio leurs instruments, surtout Matthew Bellamy, leader
incontesté avec son jeu de guitare et de clavier impeccable et sa voix juste et
évocatrice. Son côté émule de Yorke et Mercury est malheureusement toujours trop
présent
dommage quil ne puisse pas trouver sa propre voix. De son côté, le
bassiste Chris Wolstenholme ne donne pas sa place avec un jeu tout aussi clair et précis,
convenant parfaitement aux envolées consciemment prétentieuses et aux riffs de bétons
de Bellamy. Il ajoute même la couche de lourdeur nécessaire en distorsionnant à de
multiples reprises ses sinueuses basses fréquences. Noublions surtout pas Dominic
Howard, membre du groupe que japprécie le plus, car son style de battage des peaux
est certainement lun des plus puissant depuis Dave Grohl et tient très bien la
route en comparaison à Jon Theodore (ou Bonham-réincarné). Tout en ne plagiant aucune
marque de commerce particulière à ces batteurs, il se marie parfaitement tant au rock
volcanique quaux moments plus feluettes du groupe.
Donc, synthèse jusqici : Muse = très bons musiciens qui font du bon rock adapté
particulièrement aux planches, mais qui nont tout simplement pas la cote en studio,
vu leur incessant plagiat, voire pillage irrespectueux de luvre de grands
compositeurs et artistes de lère moderne. Justement, parlons-en plus en détail de
ce plagiat. Jai limpression, ou plutôt la certitude, que les gars se sont dit
un bon matin autour dun ptit déj de bangers & mash, « hhmm
pourquoi
on jouerait pas la carte de lalbum du style 'collaborations virtuelles avec une
foule dartistes légendaires'!? » Et cest exactement ce quils ont
réalisé. Take a Bow, ouverture de Black Holes and Revelations, sentame
sur un arpège baroque synthétisé répété ad nauseam qui évoque Switched on Bach
et autres adaptations classiques au Moog signées Wendy Carlos. Le sempiternel et racoleur
enfant illégitime de Radiohead et Queen accompagne bien entendu le tout. Et avant même
la fin de la pièce, les arpèges incessants de synthé tombent royalement sur les nerfs,
jouant grandement sur notre patience. Préparez-vous car ils se trouvent sur pratiquement
toutes les pièces et reviennent à l'assaut sur une suite de chorales artificielles à la
Bohemian Rhapsody.
Vient ensuite Starlight, une pâle imitation stylistique plaintive et abondamment
fromagée de U2 et de Coldplay, avec plus de distorsion pour sonner plus viril bien sûr,
et une forte présence du même petit bâtard musical mentionné précédemment. Le
premier simple, Super Massive Blackhole (« De kossé criss? » Dites-vous?)
enchaîne avec une sonorité plus dance rock rythme et riff principaux me rappelant
relativement Depeche Mode une première pour le groupe manquant encore une fois dinspiration
et dinnovation. Les paroles sont comme de raison ridicules, surtout le refrain mou
et moche concocté par Bellamy et compagnie.
La tangente Depeche Mode se poursuit, résultant en une rencontre fortuite avec Duran
Duran (vous pouvez dire Save a Prayer?), sur Map of the Problematique,
première pièce de l'album aux allures épique qui rocke du début à la fin. Muse croise
ensuite le chemin de Jeff Buckley, alors quil chantait sa version de Hallelujah,
pour une mièvre et atrocement ennuyante ballade se nommant Soldiers Poem. Le
trio enchaîne alors avec Invincible, autre pièce « too epic for radio », dont
les prétentions démesurées de ballade sur rythme de marche militaire explosent sur un
solo pour guitare et pédale Whammy culminant avec le même refrain pas trop jojo, traité
cette fois de manière plus pesante.
On relâche les taureaux enragés sur Assassin, probablement la seule composition
vraiment Heavy du disque, qui verse à nouveau dans les chorales à la RTB pour son
majestueux (my ass) refrain. Notons ici que le riff dominant, trop simple pour
être vrai, sonne pas à peu près comme des moments plus hirsutes et poilus des Smashing
Pumpkins. Lépique-eté se poursuit sans grand intérêt sur Exo-Politics,
qui affiche quelques belles mélodies dans lhabituel mode néo-classique ainsi qu'un
refrain à la frontière du disco-rock appuyé par une grosse basse fuzzy et plus ou moins
funky.
On dit la bienvenue à un rythme et un usage de modes plus latins, voire
stéréotypiquement latins, sur City of Delusions, autre moment dexcès sans
queue ni tête où le groupe est même accompagné par un orchestre. Plus lalbum
avance, plus on se perd dans une contrée dapathie et dindifférence,
contemplant la notion Pérussienne du « trop, ccomme pas assez ». Un moment plus
théâtral et rempli d'un esprit El Mariachi qui irait d'ailleurs à merveille dans
une scène du navet quétait Once Upon a Time in Mexico la
ridiculement intitulée Hoodoo sort même le piano à queue et culmine en une sorte
musique de procession funéraire mélodramatique, pour se terminer en un murmure
léthargique.
C'est lorsque lon entend au loin des chevaux hennissant et des bruits de lasers
cheap que le supplice du manque total doriginalité frappe son zénith avec Knights
of Cydonia, un atrocement pompeux hommage simultané à Queen, Dick Dale, Ennio
Morriconne, Radiohead et tous les artistes de dance rock insipides de ce bas-monde. Cette
fois, trop c'est trop! Cette pièce est tellement embourbée dans loverkill
que ça en donne la nausée...
Finalement, les critiques clamant que Black Holes and Revelations est lalbum
le plus aboutis et original de Muse se trompent: cest celui qui verse le plus dans
le plagiat, seulement pige-t-il dans diverses sources. Malgré lexpérience purement
viscérale que représente un concert de Muse ce qui ma amené a apprécier Absolution
et Muse en général et lénergie qui imprègne chacune de leurs compositions
plus rock, la personnalité, de loriginalité et de linnovation sont pour leur
part tout simplement absentes de leur musique et cest à en rendre malade... Je suis
donc heureux de terminer cette critique sur ces mots et, surtout, de changer dalbum
de ce pas. Vivement lApocalypse, les gars! |
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| - David De Garie-Lamanque, 30
Août 2006 |
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