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| MYLO |
| Destroy Rock & Roll |
| RCA |
| 2004 |
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| 5.5 sur 10 |
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L'apologie de Destroy Rock &
Roll débute généralement dans les termes suivants: notre cerveau n'a pas toujours
besoin d'être allumé, et le plaisir n'est pas nécessairement une activité cérébrale.
Pardonnez-moi de venir chambouler la petite fête éclairée aux lava lamps multicolores
de la belle communauté hipster au grand complet, mais le plaisir est malheureusement une
réaction chimique purement cervicale. C'est un déversement massif de sérotonine aux
bons endroits et, à moins d'avoir gobé de massives quantités d'ecstasy, c'est le boulot
du cerveau d'informer la glande du bonheur qu'il est grand temps de faire la fête. Si
quelques snob ratés déclarent que le plaisir vient en nivelant vers le bas, ce n'est pas
en transformant cette philosophie de marché aux puces en doctrine qu'ils trouveront leur
petit coin de paradis. C'est en changeant de diète musicale.
Je suis le premier à admettre, presque à contre-coeur mais quand même, que quelques
pièces de Destroy Rock & Roll me plaisent. Tous les trucs énumérés par le Homework
de Daft Funk en 1997 fonctionnent encore aujourd'hui. En ce sens, le producteur
britannique Mylo a bien fait ses devoirs et calqué à répétition le seul truc qui
défonce à grand renfort de dynamite le barrage de sérotonine de tout amateur de musique
house normalement constitué. Une lourde compression et quelques filtres donnent
l'impression que le rythme est lointain, puis l'effet s'efface progressivement.
Soudainement, la musique explose au grand jour et vous submerge. Ça y est! C'est fait.
Tout le monde danse dans la boîte.
Les auditeurs sont-ils assez complaisants pour mordre à tout coup? N'y a-t-il pas un
moment où on a fait le tour de l'effet "rythmique à l'horizon"? Est-il
possible de passer à autres choses un jour? Puisque ça fait danser les filles, pourquoi
se plaindre? Il faut bien admettre que le dernier argument est presque convaincant. Sauf
qu'il arrive un moment où il faut faire la part des choses. Otto's Journey et Drop
The Pressure sont des morceaux dansants efficaces. De là à dire qu'il s'agit de
bonne musique, il y a un pas que l'on devrait se retenir de franchir.
Tout ce que vous entendrez sur Destroy Rock & Roll a déjà été affirmé par
un succès radiophonique des années 80 et compilé sur la bible du house moderne que l'on
appelle Homework. Mais une fois la formule établie, le célèbre duo français
s'est justement risqué ailleurs. Or, Mylo se permet sur Rikki de calquer d'un bout
à l'autre le vieux matériel de Daft Punk sans même s'efforcer d'y injecter une nouvelle
astuce. Sur Guilty of Love, le producteur synthétise sans vergogne le refrain de Hit
Me With Your Best Shot de Pat Benatar et ose dire qu'il ne s'agit pas d'une copie pure
et simple. L'art de la citation musicale en prend pour son rhume.
Entre deux sessions de pillage des archives de la radio FM des années 80, Mylo nous
ressert à tour de bras l'éternelle compression distante. Le tour est joué. Vous avez
devant vous ce que certains qualifient de nouveau classique d'un genre. Sauf qu'un coup
d'oeil moindrement attentif au travail de production de Mylo révèle une horde
d'imperfections qui finissent franchement par irriter. Zenophile, par exemple,
semble avoir de la difficulté à garder le temps. S'agit-il d'un tour de passe-passe
volontaire? Quoi qu'il en soit, l'effet est raté.
N'entamons aucun débat sur l'intérêt de ces pièces de house de salon tiédasses que
nous pond Mylo question de meubler les cafés branchés des métropoles du monde entier. Destroy
Rock & Roll remplit sa fonction lorsqu'il est temps de faire brasser la cage avec
élégance, comme le prouve les meilleures pièces de l'effort Paris Four Hundred
et In My Arms. Mais c'est une aberration éthique d'affirmer que Valley of the
Dolls, Sunworshipper ou Need You Tonite sont autre choses que des
détritus populistes condamnés à être datés dans deux semaines. Chose certaine, il
faudra beaucoup plus convaincant pour détruire le rock & roll à tout jamais. Parole
de dinosaure dépassé par le monde moderne! |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 3
Avril 2006 |
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